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Jaguar F-Type SVR : le félin sort les griffes


Présentée au Salon de Genève 2016, la SVR a été commercialisé cet été après être sortie des ateliers ‘SVO’ (Special Vehicle Operations). Avec un poids en baisse et une puissance à la hausse, que vaut le modèle de série le plus puissant de la marque anglaise ?

Direction Mortefontaine

Après une journée de travail, il est temps pour moi de rejoindre un ami, ingénieur chez Renault Sport, afin de prendre la route direction le circuit de Mortefontaine. A bord de sa Clio IV RS Trophy, je ne lui cache pas mon appréhension de découvrir et conduire cette propulsion sur un revêtement plus qu’humide. Ce ne sont pas les conditions idéales mais ne nous plaignons pas, nous allons tout de même piloter une Jaguar F-Type SVR !

Arrivés sur place, deux imposants Range Rover (probablement en version Autobiography) nous attendent afin de nous emmener au chalet d’accueil. La communication entre les responsables du complexe de Mortefontaine et de la marque s’effectue par talkie-walkie. Après s’être installé à bord de ce luxueux Land Rover, l’autorisation nous est donnée de pénétrer dans l’enceinte du circuit. Nous empruntons le circuit routier avant de nous retrouver sur l’anneau de vitesse relevé à 43 degrés. A faible allure et sur la voie la plus basse, la pente est plutôt impressionnante !

Range Rover Autobiography - onboard - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Range Rover Autobiography – onboard – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

Découverte du félin

Nous sommes à peine descendus du Range Rover que trois Jaguar F-Type SVR nous attendent face au chalet d’accueil. Nous avons le choix entre deux coupés de coloris « Glacier White » et « Caldera Red » ainsi qu’un cabriolet avec la peinture « Ammonite Grey ». Petite précision, le prix d’entrée pour la version coupé débute à 139 500€ tandis que la version découvrable est annoncée à partir de 146 500€.

Jaguar F-Type SVR - arrière / rear - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Jaguar F-Type SVR – arrière / rear – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

On nous invite à se mettre au chaud dans le chalet afin de remplir une déclaration attestant que nous possédons bien un permis de conduire valide. Je jette un bref coup d’œil et m’aperçois que les personnes présentes (journée organisée pour les potentiels acheteurs) sont choyées avec un coin détente et un généreux buffet. Une fois l’attestation signée, on se dirige vers l’extérieur pour une présentation un peu plus détaillée de cette version ultime de Jaguar F-Type.

Petite piqûre de rappel : Jaguar a ouvert une division de Jaguar-Land Rover dédié aux véhicules spéciaux depuis près de deux ans. Elle est appelée « Special Vehicle Operations » et s’occupe aussi bien de ses supersportives comme de ses SUV sans oublier les fameux véhicules présents dans les derniers James Bond. Cette fois-ci, ce n’est pas un modèle exclusif qu’ils ont choisi mais bien un modèle de série. En effet, parti d’une F-Type R « basique » mais développant déjà 550ch, les ingénieurs ont réalisé les modifications suivantes. Le V8 à compresseur a été poussé à 575ch (+25ch) pour 700 Nm de couple (+20 Nm). On retrouve donc les caractéristiques de la très limitée ‘Project 7’.

Jaguar F-Type Project 7 - arrière / rear - Paris FAI 2016 - photo Arnaudac Demasier - RS Photographie

Jaguar F-Type Project 7 – arrière / rear – Paris FAI 2016 – photo Arnaudac Demasier – RS Photographie

Mais revenons à la SVR ! Elle est capable d’abattre le 0 à 100 km/h en 3,7 secondes et d’atteindre une vitesse maximale de 322 km/h en version coupé. La version cabriolet, quant à elle, atteint tout de même 314 km/h. Sa stabilité à haute vitesse est gérée par l’aileron arrière en carbone à géométrie variable. Il se déploie à partir de 90 km/h et se rétracte pour atteindre sa Vmax. Pour ceux qui ne veulent pas de cet aileron, relativement imposant, ils peuvent s’en passer mais verront la vitesse de pointe bridée à 300 km/h comme sur la version d’origine. Continuons sur les modifications avec l’échappement en Titanium et Inconel (alliage de chrome et de nickel) qui allège le véhicule de 16kg par rapport à la ligne standard. Le diffuseur est redessiné tout comme le bouclier avant, plus large. Il y a également des ajouts d’inserts en carbone un peu partout sur la carrosserie. Les ingénieurs ont opté pour des jantes en aluminium forgé, tout comme le châssis. Ils ont ainsi gagné 25 kilogrammes par rapport à la R. L’allègement peut également être réduit à 50 kg avec l’option frein carbone/céramique et le pack carbone. Cette SVR pèse tout de même 1 705 kg dans sa version coupé !

La vie à bord est identique à celle de la R. Je reste persuadé tout de même qu’une assise en tissu serait un plus en terme de maintien lorsque l’on fait du circuit ou sur route sinueuse. Petit plus appréciable, une petite molette magique permet de nous maintenir un peu plus fermement au niveau de la taille. La position de conduite est excellente (réglable à souhait) et la prise du volant, idéale. Il ne me reste plus qu’à réveiller le V8 endormi…

Début des hostilités

Une fois le siège réglé et la bête réveillée, on se dirige vers une demi-lune immergée d’eau. On nous briefe en nous présentant la première activité. Il s’agira de découvrir et tester les différents modes activés. Nous ferons plusieurs passages en déconnectant les aides une à une jusqu’à nous retrouver avec une pure propulsion.

Airplane SVR - rear light - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Airplane SVR – rear light – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

Le premier passage s’effectue avec l’intégrale des aides en mode « normal ». On nous demande d’attendre d’avoir les quatre roues sur le revêtement détrempé, commencer à suivre la trajectoire de la demi-lune avant de, littéralement, écraser la pédale d’accélération. Le système gère très bien cette action soudaine et permet de suivre le cap désiré. C’est à la fois efficace et bluffant car lorsque l’on pense que le véhicule est prêt à chasser de l’arrière, on a ce réflexe de vouloir le contrer en braquant les roues dans le sens contraire. On est rapidement rappelé à l’ordre par le repositionnement de la voiture.

Airplane SVR - wet start - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Airplane SVR – wet start – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

On recommence cette fois en passant en mode « sport ». Mon premier passage s’avère assez timide mais le suivant me permet d’apprendre à maîtriser ma glisse. De l’intérieur, on a l’impression que l’arrière va vouloir devancer l’avant mais il me reste encore de la marge avant de devenir le prochain « Drift King ».

Airplane - Jaguar SVR - side-face / profil - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Airplane – Jaguar SVR – side-face / profil – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

Ensuite, on déconnecte le mode RSC (Roll Stability Control). Ce système minimise le risque de retournement par exemple lors des manœuvres d’évitement ou si la voiture part en dérapage (ce qui est notre cas). On prend vite goût à partir en travers, mais après plusieurs passages plus ou moins bien exécutés, il faut passer à l’activité suivante. Je retourne au chalet au volant du Range Rover pendant que mon collègue ramène la SVR.

onboard - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

onboard – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

En piste

L’activité suivante s’effectuera sur l’Airplane qui s’étend sur près de 8 ha pour une longueur maximale de 1,5 kilomètres. Des cônes ont été placés sur la piste afin de représenter un circuit.

Airplane - Jaguar SVR - far far away - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Airplane – Jaguar SVR – far far away – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

On réalise un départ arrêté, à proximité du chalet. En mode « sport », la voiture se comporte plutôt bien lors du démarrage. Sur sol mouillé, elle ne peut évidemment pas transmettre toute sa puissance aux roues arrière. Pas le temps de regarder le compteur que l’on attaque tout de suite des enchaînements gauche/droite. Je peux vous garantir qu’à allure constante et même en accélérant progressivement sur ce passage ci, la voiture ne bouge pas d’un poil. La direction est très précise et c’est un pur régal ! Gros freinage qui donne sur une épingle gauche. Cela permet de remettre légèrement en dérive la F-Type si on est un peu joueur. On réouvre en grand les gaz avant de replonger dans un unique gauche/droite assez serré. Le freinage est ici décisif car il faut à tout prix bien placer sa voiture pour ne pas gâcher sa sortie. Pied dedans de nouveau avant d’actionner la pédale de frein pour négocier en glisse cette nouvelle épingle gauche et boucler un tour. Je ne saurai vous dire le nombre de tours que j’ai effectué mais je peux vous garantir que j’ai pris mon pied ! J’ai trouvé cette SVR très précise dans les changements brusques de direction et malgré ces 1705 kg, on ne constate quasiment pas de roulis.

Jaguar F-Type SVR - avant / front - zoom - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Jaguar F-Type SVR – avant / front – zoom – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

On retourne tranquillement au chalet en laissant refroidir un peu l’ensemble de la voiture, que ce soit la mécanique comme les pneumatiques. Lorsque l’on descend de cette supersportive, étonnamment, une forte odeur de gomme nous prend les narines. « J’vous jure, c’est pas moi ! »

Conduite sur l’anneau de vitesse

J’ai à peine le temps de me remettre de mes émotions que l’on remonte à bord de la SVR. Après confirmation par talkie-walkie, il est temps pour moi de me mesurer à cet anneau de vitesse. Pour information, il est relevé d’un angle de 43 degrés et est long de 3 kilomètres. Il est composé de 4 voies. La première, non inclinée, me permet de m’élancer jusqu’à 120 km/h. Je peux ainsi accéder à la suivante. Rapidement, le pilote-instructeur m’explique le but de l’exercice. En appuyant ou relâchant la pédale d’accélération, la voiture va se déporter sur la droite ou la gauche. On augmente l’allure jusqu’à atteindre 180 km/h ce qui me permet de me retrouver entre la 3ème et 4ème voie, c’est-à-dire à quelques mètres de la barrière de sécurité. C’est à ce moment qu’il me demande de fermer les yeux et de poser mes mains sur mes genoux. Je ne vous cache pas mon appréhension mais je lui fais tout de même confiance. Sur les parties relevées, j’apprends à jauger mon accélération afin de garder une trajectoire constante (stabilisée à 180 km/h tout de même). Après cet exercice répété plusieurs fois, il me demande d’ouvrir en grand et j’atteins près de 220 km/h avant de revenir sur l’Airplane.

C’est ensuite au pilote-instructeur de prendre le volant pour réaliser un baptême de vitesse. On retourne illico-presto sur l’anneau et c’est reparti pour deux tours. On prend très très rapidement 200 km/h et peu de secondes plus tard, l’aiguille pointe déjà sur les 250 km/h. C’est alors que le pilote me demande de lever un bras ou une jambe. Alors j’essaie mais la force centrifuge m’en empêche presque. J’arrive tout de même à capturer cet instant avec cette photo prise à 250 km/h sur route mouillée à la nuit tombante. On se rend compte tout de même de l’inclinaison de la piste.

Airplane - Jaguar SVR - onboard speed - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Airplane – Jaguar SVR – onboard speed – photo Arnaud Demasier – RS Photographie

Le pilote se permet même une pointe à près de 280 km/h sur le petit bout de ligne droite avant de retourner vers le chalet. Il est temps pour moi de revenir à la réalité et de faire le point avec les instructeurs. Enfin, c’est ce que je croyais… En revenant sur l’Airplane, mon « baptême » se poursuit avec quelques tours effectués sur le pseudo circuit tracé. Les enchaînements sont précis et les dérives sont contrôlées. Il ne me cache pas son plaisir à conduire cette somptueuse Jaguar, habitué pourtant à piloter des Ferrari ou Lamborghini.

Bilan

Véritable coup de cœur lors de la présentation mondiale de la F-Type, je ne vous cache pas mon attachement à cette voiture. Découverte lors du Salon de Genève 2014, j’ai pu réaliser un baptême passager sur le circuit Bugatti dans sa version Coupé R 4WD avant de l’essayer sur route ouverte avec le V6S déjà enchanteur.

Jaguar F-Type R Bugatti Circuit Onboard (Le Mans)


Et cette année, lors du Top Marques à Monaco, j’ai pris le volant de la F-Type R pour un tour sur le tracé du circuit GP.

Onboard Jaguar F-Type V8 R 4WD in Monaco GP Circuit


Aujourd’hui c’était au volant de la version ultime de cette F-Type que j’ai pu prendre place. Le charme opère toujours autant et c’est un véritable plaisir que de pouvoir piloter cette puissante SVR dans de telles conditions. On apprécie chacune de ces déflagrations lorsque l’on relâche la pédale d’accélération et la mélodie du V8 nous envoûte. On reprochera quand même aux aides d’être trop présentes, même une fois qu’elles sont toutes déconnectées ! Elles ont tendance à vouloir reprendre le dessus et cela s’avère assez gênant lorsque l’on a la ferme intention de la mettre en travers.

Stricte deux places, on se voit bien emmener Madame pour un week-end à Deauville tant cette supersportive est élégante. Reste tout de même à débourser 140 000€ (hors options) pour s’offrir ce bijou…

Jaguar SVR - light night - photo Arnaud Demasier - RS Photographie

Jaguar SVR – light night – photo Arnaud Demasier – RS Photographie


Ma Jaguar F-Type SVR personnalisée

Si j’avais à acheter une SVR, voici comment je la configurerai : coloris « Ultra Blue », jantes forgées et polies en 20″ pour l’extérieur et pour l’intérieur, console centrale en fibre de carbone avec marquage SVR, cuir noir avec surpiqure rouge et ceintures rouges. Ajouté à tout ceci quelques options confort, ma configuration avoisine les 175 000€. Amusez-vous à configurer la vôtre sur le site jaguar.com.

Jaguar F-Type SVR - teinte - configurateur Jaguar.com

Jaguar F-Type SVR – teinte – configurateur Jaguar.com

Jaguar F-Type SVR - onboard - configurateur Jaguar.com

Jaguar F-Type SVR – onboard – configurateur Jaguar.com


Remerciements

Je tiens à remercier tout particulièrement Juliette qui m’a permis de participer à cette heure de découverte ainsi que toute l’équipe présente sur place dans leur accompagnement et leurs explications !

Petit scoop

Lorsque nous étions sur le circuit, nous avons eu le privilège de voir rouler la Volvo S60 Polestar sur l’anneau de vitesse et effectuer des Launch Control. Et cerise sur la gâteau, nous avons également aperçu à plusieurs reprises la future Alpine rouler aux abords de l’Airplane sans pouvoir la voir distinctement. Malheureusement, je n’ai pas pu prendre une seule photo car cela nous était tout simplement interdit !


Source et images :
Arnaud Demasier, RS Photographie

Configurateur jaguar.com


En savoir davantage sur le design et le moteur de la Jaguar F-TYPE SVR ?
Lire le post publié en février 2016 sur DESIGNMOTEUR intitulé Jaguar F-TYPE SVR …supercharged 5.0L V8 …575 ch. Automobile Jaguar supercar bestiale 200mph



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